Il prit le fruit et le rompit en disant… • • •
Sa requête, moi en l’occurence, semblait urgente. Que me voulait-elle, après un an de silence? C’est ce que je me demandais, en prenant tous les rallongis possibles pour me rendre chez elle. Arrivée à son appartement, la porte était à demi ouverte, alors je me suis permise d’entrer, prétextant tout de même une amitié de 2 ans. ( En ce qui me concerne, 2 ans c’est la norme, après ça je disparaîs ou les gens me foutent hors de leur vie sans raison flagrante.)
Enfin, je la retrouve sur son lit, une tête entre les jambes à crier comme elle n’avait jamais crié en ma présence. Je l’observais dans son lac, les draps mouillés, la respiration halletante, la douleur flagrante. Elle m’a vu, et réalisa l’absurdité de son jugement: je n’étais pas une sage femme. Deuxième constatation: Ce n’est pas une fille qui a eu peur des automobiles toute sa vie et qui n’a toujours pas son permis de conduire qui pourra l’amener à l’hôpital. Quoi que l’avantage d’un autobus, c’est qu’il s’y trouve forcément quelqu’un qui sait s’y prendre plus que moi. Le fait que je me soi dirrigée vers les sciences de la santé ne m’a jamais préparé à accoucher une amie hystérique.
Le visage crispé par la souffrance, je revois défiler sous mes yeux les nombreux accouchements auxquels j’ai assisté via l’émission Baby Story à TLC. Et dire que nombre de gens trouvent ça inutiles…
Enfin, ce qui devait être des cheveux, tout gluant lui collaient déjà le bord des cuisses. Inutile de penser pouvoir la bouger de là. Point positif: ce n’est pas un cas de siège, dans un tel cas, ce bébé aurait été très poilu entre les fesses. Je salue timidement ma copine, qui crie, qui pleure, qui jure qu’elle n’aurait pas pu accoucher sans moi. Merveilleux, mais n’aurait-elle pu invité aussi un docteur ou un ambulancier à nos retrouvailles?
J’appelle le 911 pour demander une ambulance. La dame me dit gentiement qu’elle sera là dans environ 20 minutes. Je cris au bébé de bien vouloir attendre, mais rien à faire, il continue de charcuter mon ami, lui déchirant le vagin de ses ongles tranchants. La dame me dit qu’elle peut m’assister pendant que j’accouche ma copine. Je lui demande ce qu’il faut faire et tout ce qu’elle trouve à dire c’est: L’encourager à pousser, s’assurer que le cou est dégagé, sortir le bébé et attendre le palcenta. C’est tout? C’est niaseux. Je raccroche. Je rappellerai si j’ai des ennuis.
Je regarde ma copine dans les yeux, et lui commande fermement de pousser. À cet instant, l’adréaline est en chute libre, et moi aussi. La vue de tous ces fluides qui s’échappent, se perdent dans le tapis, la couleur rouge, orange, jaune, en dégradé, les fuites, les particules en suspensions… tout cela me donne le tourni. J’ai besoin d’air, vite! Je cours, je cours dans la chambre, mais je ne peux pas quitter. Un cordon ombilical me relie à ma copine est dépecée de l’intérieur, à son infâme petit bourreau. J’ai le vertige, mais je ne peux pas demander à ma copine de ralentir, de se retenir. Je crie, je crie moi aussi. Je crie après ce petit démon qui blesse, qui salit, qui morcelle. À ce point, Julie me regarde et me crit après. J’étais soi-disant la première personne à avoir engueulé le petit sauvage qu’elle cache en elle. Il y a un début à tout que je lui réponds. Nos retrouvailles étaient peut-être prématuré, mais la colère que le lui inspirait a bientôt mis fin à ses souffrances, du moins physique.
A l’intérieur de 3 minutes, le petit paquet, à qui il ne manquait que les cordes, m’a été propulsé dans le ventre, comme un balon de football bien lubrifié de qui on voulait se débarasser à tout prix. Et ce liquide, chaud, renvoyé sur moi, d’un vagin qui avait la nausée, coulant sur mes vêtements. J’ai alors une faiblesse, mes bras flanche, et le bébé parti à la dérive. Il tomba, tomba, sa mère bien loin derrière ses paupières pour comprendre, saoûlée d’endorphine.
La première chose qui heurta le sol fut son petit crâne. À la manière d’un fruit très mur et juteux, l’écorce de rompit, laissant entrevoir sa pulpe et couler son jus. J’apprécie enfin la valeur de la consonnance du mot anglais « squashed », parce que c’est ce son qui résonne encore dans la pièce. J’aurais aimé entendre un bruit, une protestation, mais rien d’autre à entendre que les cris de la mère qui a entendu la pelure de son enfant se rompre, se fendre. À croire qu’il n’y a pas seulement les pleures d’un enfant qu’une femme reconnaît instinctivement.
Je ne savais pas quoi faire. Je devrais appeler le 911. Il n’y a aucune chance de le réchapper, il est fendu, il est pucké, il n’est plus. Pas besoin d’ambulancier donc. Je ne peux pas non plus être accusée de quoi que ce soit, ce n’est qu’un accident, un stupide accident qui n’arrive qu’à moi. Stupide maladie. Pas besoin de policier non plus donc. Je devrais tout de même téléphoner quelqu’un car même un chat, on n’a pas le droit de me ramasser avec un porte-poussière et le cacher dans une poubelle… Mais quel est l’éthique a-t-on avec les vidanges? Un déchet est un déchet, qu’on l’enterre près d’une couche pour bébé ou près d’un cercueil. Et puis je parie que le bébé aurait aimé être enterré parmi les couche qu’il n’a même pas eu la chance de souiller.
Je regarde ma copine. Si je quitte, je serai accusée de négligence criminel ayant causé sa mort, d’un délit de fuite en autobus, qui sait? Enfin, je regarde le fruit de ma maladie qui n’attends plus, car le temps n’est plus un luxe de son existence. Je le saisi du mieux que je peux, sans montrer à ma copine que mes doigts se sont insérer, malgré eux, dans cette tiède chair, me donnant l’impression de jouer dans une tarte aux pommes tièdit par une boule de crème glacée. Je le couche sur le sol non loin de sa chute sur ce qui aurait été sa future doudou, et le recouvre d’un drap qui était initialement blanc, mais maintenant souillé d’autant de fluides que je ne saurais les nommer. Je voulais me déplacer, mais les nausées m’en ont empêcher. J’appelle le 911, je les informe de la mort d’un bébé et je raccroche. Je regarde ma copine, le passe par dessus mon dégoût d’entrer dans son royaume funestre, retire mes souliers et me colle contre elle.
Je sais qu’elle aurait préféré que je n’existe pas, que je me noie dans son sang, que je m’éloigne, mais j’étais la seule pour elle… Et dans un long silence, entre les sanglots de ma copine, on entendit un second « squashhhed »; c’était le son du placenta explosant contre le bois franc.

11/11/09 at 17:29
????????????????????????????
C’Est quoi ça??????????
C’Est twisted, ou je ne comprends pas, mais tu devrais surement te faire soigner…
Gheez….