Souvenir d’enfance, là où on s’y attend le moins • 23/02/09
Hier soir, bien callés dans le lit douillet de l’amour, Loup et moi, geek jusqu’au sommeil, débattions ardemment de la légitimité du verbe "sexer" au scrabble, que nous aurions eu l’audace de conjuguer "sexiez" lors d’une future partie.
Loup, septique devant ma proposition, doute de l’existence du terme.
Le dictionnaire étant hors de portée et l’ordinateur étant fermé (et la paresse s’étant infiltrée dans nos âmes dès notre plus tendre enfance), j’ai osé une explication.
"Voyons Loup. C’est super utilisé dans le langage familier. Les sexeurs de poulet, bien il sexe! Ils reçoivent un gros tapon (oui, j’ai utilisé TAPON! mais c’est mieux que BUNDLE) de poussins sur un convoyeur, et ils les écartillent un par un en les lançant dans des bacs séparés POULE OU COQ? POULE OU COQ?"
Et là, j’ai fait signe à Loup de se taire, même s’il avait de la difficulté a retenir son rire après mon imitation de la sexeuse de poulet.
Je répétais FRÉNÉTIQUEMENT et très fort : POULE OU COQ? POULE OU COQ?
Cette phrase évoquait un souvenir lointain. Je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Alors je le répétais de plus belle.
POULE OU COQ? POULE OU COQ?
(Le loup était habitué à ma folie. Il attendait la suite sans grogner.)
Et là, tout m’est revenu en tête.
À l’école primaire, on coupait la tige d’une mauvaise herbe qui ressemblait à du blé et on faisait glisser nos doigts le long de cette tige, de la base jusqu’à la tête. Si tous les petits épis étaient d’égale longueur, c’était POULE, et si un épi trônait au-dessus des autres, c’était COQ.
La raison du "pourquoi avons-nous joué à ce jeu insignifiant" m’échappe, mais je ne dois pas être la seule à avoir joué à ce jeu… non?

