
Déjà un an. L’heure est au bilan.
Il y a un an, j’enjambais les boîtes de carton posées sur le sol, débutant ma troisième vie, celle de célibataire montréalaise. Dans un appartement plutôt petit, ma bulle, qui présente d’ailleurs encore ses murs blancs comme le plus étincelant des sourires Colgate, j’ai vécu un an, 365 jours.
Le bilan de l’appartement :
Des peurs : J’avais peur de ne pas y arriver. Payer les comptes, faire les courses, le ménage, gérer ma panique, faire la bouffe, tenter d’avoir une vie sociale. Les devoirs quotidiens m’insécurisaient. Et si je me plantais royalement, la bêtise de ma vie. Je prévoyais le pire.
Quelques soupers entre amis: tous très agréables. L’ami qui n’en est plus un et sa conjointe, les liens qui demeurent malgré la rupture, les copines d’école et les nouvelles connaissances.
Quelques amants : Onze pour être plus précise, mais j’ai peut-être fait quelques oublis, volontaires ou pas. Même si j’essaie de limiter ceux qui ont accès à ma bulle. Quelques récidives et quelques actes uniques.
Quelques palpitations: Mais aucun sentiment amoureux.
Quelques quêtes : Qui suis-je? Que veux-je? Qu’aime-je? Pourquoi ai-je toujours cette impression de marcher sur des œufs dans mes relations sous une préface de fille forte?
Quelques pleurs: Probablement au rythme d’une séance par mois. Je suis sensible, intense et connectée à 100% sur mes émotions : je pleure souvent. J’aime pleurer, surtout quand on me joue dans les cheveux.
Beaucoup de paresse: Des heures au lit et la pile de romans sur la table de chevet. De nombreux dodos sur le sofa devant la télévision. Pas suffisamment de paresse a deux, à lire, à se coller et à jouer du pied sous l’édredon.
Quelques découragements/échecs : La job, les études, les hommes, mes idéaux, moi.
Quelques réussites : La job, les études, les hommes, mes idéaux, moi, moi et moi.
Et puis ce silence. J’ai apprivoisé cette solitude que j’aime maintenant comme une maîtresse accaparante, envahissante. Je l’aime d’un amour infini, mais souvent elle me blesse. Pourtant, je ne saurais vivre sans elle, sans sa présence, son affection. Lorsque je passe quelques jours à l’extérieur, comme une maîtresse jalouse, elle m’accable lorsque je remets les pieds dans le silence dans ma bulle.
Aujourd’hui débute le deuxième chapitre dans ma bulle. Si je devais prendre mon plus joli stylo et débuter un grand cahier blanc en inspectant la page pour m’assurer d’aucune imperfection, j’écrirais en tête de page « Aujourd’hui, je peux dire que je suis heureuse. 97% joie et 20% vague à l’âme (il y a de la joie dans mon vague à l’âme). Cette année sera décisive. Note à moi-même : orchestrer une trousse de survie dans ma bulle en cas de catastrophe »
Ambiance musicale ici
Dans la prochaine année, dans le bail numéro 2 de ma bulle, j’aimerais :
- Terminer mes études (Je frappe fort dès le début, bonjour l’angoisse!)
- Avoir un vrai emploi (mais je vise le 4j/semaine, pas plus)
- Plus de couleurs, moins de nuance de gris (dans mes jugements, mes expériences et ma façon de voir la vie)
- Tomber amoureuse, au moins une fois (j’aime être amoureuse! C’est grisant, énergisant!)
- Aimer la fille que je deviens quand je suis amoureuse (Work in progress!)
- Séparer les comptes avec quelqu’un; amoureux ou coloc (ce qui implique de quitter ma bulle à la fin du bail numéro 2, la bulle étant trop petite pour y co-vivre)
Un bail de la bulle numéro 2 pour une gamine optimiste, intense et passionnée. Allez, on fonce Poulette, la vie n’attend pas!